• Par NK

Moderat II : la claque 2.0 !


En 2009, Moderat - collision de deux corps célèstes de l'univers électro berlinois Modeselektor et Apparat - gratifiait la planète de son majestueux album éponyme, aux pépites aussi brillantes que A New Error, Rusty Nails ou Les Grandes Marches pour ne citer qu'elles.

Après de longues semaines d'absence sur ce blog qui ont quasiment correspondu - sans aucune relation de cause à effet - à mon attente impatiente du deuxième album de Moderat, nulle autre occasion que le jour de la sortie de ce dernier ne m'était mieux offerte pour revenir vous faire part de mes impressions.

La raison de ce post est simplement qu'un album comme celui-là ne se présente pas souvent. En ce qui me concerne, les uppercuts supersoniques de ce type commençaient à dater : 1997 avec l'album Surrender des Chemical Brothers et son hypnotique Hey Boy Hey Girl, The last Resort de Trentmöller en 2006, pour n'en citer que deux. Mais rien de très sexy dernièrement.

Si c'est Radiohead qui pour moi a su le mieux conduire la musique pop dans le 3ème millénaire et devenir le symbole de ce monde en transition, il aura fallu treize ans depuis l’audacieux Kid A et la sortie du deuxième album de Moderat pour pouvoir affirmer que nous avons désormais franchi le cap.

Tout est là : le son, la puissance, la profondeur, la créativité, l'intelligence structurelle.

Moderat II est un album à l'indépendance affirmée qui - comme tout grand album - ne se laisse pas tout de suite apprivoiser et demande de prendre le temps d'être réécouté. Pour preuve The Mark, premier et atmosphérique morceau de l'album qui certes donne un indice quand à la qualité du son, mais ne laisse en rien présager de ce qui va suivre. Il faut donc s'armer de patience quelques minutes avant de trouver en guise de carton d''invitation l'imparable premier single de l'album : Bad Kingdom.

Passées les civilités de cet accueil pour le moins flatteur, ce sera de nouveau à l'auditeur de trouver la porte d'entrée de l'imposante bâtisse de Moderat et de partir en quête des clés du royaume.

En ce qui me concerne, le sésame sacré trônait majestueusement dans le sixième morceau de l'album, le tripant et bien nommé Therapy. Rarement un morceau n'est aussi bien parvenu à toucher cette sensation de plénitude intérieure et d'évidente beauté que seule la musique, en de très exceptionnelles occasions, peut procurer.

Je me suis aperçu que pour moi les morceaux les plus faciles d'accès se situaient au numéros de plage paires. Je me suis donc d'abord concentré sur ceux-ci, comme le paisible et lumineux Let in the light ou le subtil Damage Done avant d'y intercaler petit à petit les autres plus complexes, tels Ilona ou Milk situé au cœur de l'album en plage 5. Un album de cette ampleur se devait aussi de finir en apothéose, ce que This Time et sa nappe sidechainée* nous confirme.

Le travail sur le son est exceptionnel. Moderat pousse les techniques de production musicales actuelles à un stade de créativité inédit, procurant un son d'une grande richesse, où moult microdétails et salissures trouvent leur place au milieu de montées en puissance haletantes, de kicks massifs et d'infra basses hyper tendues.

Un groupe qui passe aussi brillamment l'épreuve du deuxième album avec autant de ressources ne peut que susciter la plus fervente admiration et la plus grande attention.

Toutes les infos sur le site de Moderat : http://moderat.fm/

* Le sidechain est une technique de production devenue quasi incontournable dans la musique électronique actuelle qui consiste à compresser le volume d'un son, en l'occurence la nappe synthétique, avec un autre son - la plupart du temps percussif, comme ici le kick - produisant ainsi une sorte d'effet de "pompage".

#Electro

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